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Marathon de Berlin 2018 – Encore un record de battu !

Une fois de plus la course de tous les records !

Le marathon de Berlin est mondialement connu pour les records du monde qui y sont régulièrement battus. Cette édition 2018 ne fait que confirmer cette règle. Eliud Kipchoge après plusieurs tentatives infructueuses (Breaking 2 by Nike, Marathon de Berlin 2017, Marathon de Londres 2018) inscrit son nom dans l’histoire de la plus belle des façons, 2H01’39 », impérial et intouchable (Amos Kipruto terminera 2ème en 2H06’23 » et Wilson Kipsang 3ème en 2H06’48 »).

Voici le récit de ma participation à cette course historique :

H – 2 : Maintenant tout commence

6h55, mon réveil sonne et je ne met pas longtemps à émerger de mon sommeil. Je n’ai pas de pression mais je suis prêt mentalement pour repartir dans l’aventure marathon. Cette fois j’aurai la chance de courir avec deux amis qui ont fait le déplacement avec moi. Sans tarder je met ma tenue de course, elle se compose simplement d’un short de trail Kalenji (cela me permet de transporter mon téléphone et 3 gels d’effort) et d’un nouveau T-shirt en synthétique basique (j’ai déchiré mon T-shirt fétiche lors d’une chute en VTT au Kenya). Côté chaussures je courre avec des Inov8 F-lite. Ce sont des chaussures de CrossFit à l’origine mais j’aime le côté « proche du sol » que confère le drop de 0mm. Le drop c’est la différence entre l’avant et l’arrière de la chaussure, 0mm signifie donc une chaussure plate, légère mais également sans amorti. Ma foulée est bien entendue adaptée à ce type de chaussures, pour beaucoup de monde impossible de courir en 0 drop et pour moi c’est l’inverse!

7h10 je suis prêt, dossard sur le ventre et sac de consigne pour l’après-course fermé. Je descend prendre un petit déjeuner très léger. Un café et deux tartines. J’ai l’habitude de courir à jeun sur de longues distances et je préfère ne pas m’encombrer l’estomac avant de partir pour plus de 3 heures de course.

7h45 Davy et Nicolas sont prêts et nous quittons l’hôtel. Idéalement choisit par Davy, il se situe à 3 petits kilomètres de la ligne de départ. Nous partons en direction de la porte de Brandebourg en marchant puis nous nous mettons à courir dans un rythme de footing très léger. Je ne suis pas en totale confiance, j’ai l’impression que c’est déjà difficile, je me dis que c’est à cause du sac et m’efforce de penser à autre chose. Nous arrivons dans l’immense zone de départ, nous partons chacun poser nos sacs respectifs dans la zone de consigne qui correspond à notre numéro de dossard. Nous nous rejoignons ensuite pour rejoindre la ligne de départ.

H – 30 min : L’attente

Nous voilà dans le sas de départ, contrairement à la France (je me base surtout sur mon expérience du marathon de Paris et du Marathon de Nice), il n’y a que très peu de contrôles et pour être honnête ça fait du bien! Nous n’avons pas eu trop de mal à trouver notre sas et pas de difficultés pour y rentrer.

Le speaker présente le plateau, c’est énorme ! Un ancien recordman du monde, le meilleur coureur de marathon actuel et une ribambelle d’outsiders qui ne pensent qu’à une chose, GAGNER !

l’attente est longue mais nous sommes habitués, ça finira bien par passer, en attendant je me demande toujours à quel rythme partir, j’essaye de m’échauffer un peu, j’allume mon GPS,bref je m’occupe comme je peux.

H – 0 : Le départ

C’est parti pour 42KM, je lâche les jambes et me laisse partir avec la foule de coureurs, Davy et Nicolas ne sont pas loin. Je récupère la ligne bleue au bout de quelques centaines de mètres et je ne la lâcherai plus jusqu’à l’arrivée (c’est le chemin le plus court, 42,195 KM exactement). Nicolas se détache très vite de Davy et moi, nous lui souhaitons une bonne course, il terminera en 3H16 après avoir couru le premier semi en 1h23. Tout ça deux semaines après avoir terminé l’UTMB ! Une sacrée machine…

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H + 1 : Le début

La montre viens d’indiquer 1H pile de course, elle indique également 13KM mais je viens de passer le panneau 12KM il y a quelques minutes à peine. j’ai 500 bons mètres d’avance sur le GPS. J’ai pourtant suivi la ligne bleue sans faire trop de zig zags, c’est donc le GPS qui doit avoir un léger décalage, pas de panique. Aujourd’hui le GPS est un simple indicateur, je pourrai sûrement m’en passer en fait. les kilomètres sont tous indiqués, un simple chronomètre suffirait. Je trouve le temps long, le parcours est ultra-plat et ne demande pas de relance en raison du tracé très rectiligne. Les quartiers par lesquels nous passons ne présentent pas grand intérêt. Berlin est une ville à l’architecture globalement assez triste à quelques exceptions près, on sent le poids du passé dans de nombreux quartiers et avenues. Davy est à côté de moi, nous échangeons quelques mots de temps en temps.

H + 1h30 : Toujours rien à signaler

Je continue mon bonhomme de chemin, les kilomètres défilent au rythme souhaité, parfois le GPS indique une petite baisse de vitesse, je reste vigilant. Pas envie de perdre du temps mais je fais attention à ne pas trop m’emballer non plus, nous ne sommes qu’au 18ème kilomètres.

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Courir ou sourire il faut choisir !

H + 1h41’36 » : Passage au Semi

La course commence enfin, je suis dans un bon rythme, je n’ai pas vu Davy depuis un moment. Il prend plus de temps que moi à chaque ravitaillement mais reviens toujours sur moi au bout de quelques minutes. Je me dis qu’il doit courir quelques centaines de mètres devant ou derrière, je ne me fais pas de soucis pour lui, il vaut juste un peu plus de 3 heures sur marathon, mon allure correspond pour lui à un footing en endurance.

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Côte à côte dans l’effort, partager un marathon avec un ami c’est quelque chose de très fort!

H + 2H01’39 » : Record du monde !

Je ne le sais pas encore mais Eliud Kipchoge vient de battre le record du monde ! Je suis dans le 25ème kilomètre, tout se passe pour le mieux. Le rythme est excellent, je cavale comme il faut, je fais tout de même attention à ne pas m’emballer. Je redoute un gros coup de fatigue à partir du 30 ou 35ème kilomètre. Patience et prudence donc.

H + 2H25′ : C’est maintenant ou jamais !

Je viens de passer le 30ème kilomètre et je me sens toujours au top ! Maintenant j’arrive sur plusieurs kilomètres en faux plat descendant, pas question de rater l’occasion! Je me place dans un rythme de 4:30-4:35 au kilomètre, soit plus de 13 km/h. Je n’ai jamais couru à une telle vitesse lors d’un marathon mais je me sens super bien. Le public est là en nombre, il fait beau mais pas trop chaud. C’est l’euphorie, je remercie les musiciens qui nous encouragent avec leurs instruments, je tape dans les mains des gosses sur le bord de la route, j’ai le smile, je prend un max de plaisir!

H + 2H47′ : Maintenant tenir

Mon moment d’euphorie à duré assez longtemps, maintenant il me reste 7 kilomètres à parcourir. Je sens une petite baisse de régime mais je suis encore au dessus de mon allure moyenne, je suis même encore dans les clous pour passer sous les 3h20! Au fur et à mesure ça se complique. Je me fais violence, pas de panique le marathon c’est un footing de 35KM suivit d’un sprint de 7 kilomètres !

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Ambiance sur les derniers ravitaillements…

H + 3H16′ : C’est fini ! Enfin presque

J’ai passé un 40ème kilomètre très difficile, 5:16 c’est lent, très lent. Maintenant il ne reste plus que 1200m, je me remet dedans, j’essaye de me motiver en doublant des concurrents, j’ignore ceux qui me doublent. Nous arrivons sur la dernière ligne droite, on aperçoit la porte de Brandebourg, c’est le déclic dans ma tête. Je sais que c’est fini, plus de gestion d’effort maintenant, il ne reste plus qu’à avancer le plus vite possible! Le passage sous la porte est un moment assez magique, on voit l’arche d’arrivée, la foule encourage les coureurs, le soleil m’éblouit, on se croirait un peu dans un film. Les derniers mètres sont spéciaux, j’ai l’impression d’être tout seul, tout le monde accélère et le peloton dense est maintenant assez effilé.

H + 3H22’15 » Nouveau record pour moi aussi !

Je passe la ligne d’arrivée le sourire jusqu’aux oreilles, j’ai profité à fond de ma course, j’ai pris du plaisir dans l’effort et j’explose mon ancien record d’un peu plus de 7 minutes! Davy arrive quelques minutes après moi, pas très bien préparé pour cette course il a préféré la jouer safe à cause d’une douleur au pied, il termine tout de même en 3H31′ ce qui est loin d’être un mauvais chrono!

Epilogue :

Après avoir retrouvé mes deux compères, nous nous installons tous les 3 sur l’immense esplanade de la république, c’est un gros point positif de ce marathon : un endroit pour se poser une fois la course terminée. Les gens profitent du soleil et récupèrent, le tout dans une ambiance de fête à l’allemande, Bretzel et bière (sans alcool malheureusement) sont au rendez-vous!

J’engloutis plusieurs Bretzel ainsi que toutes les sucreries de mon sac d’arrivée. Je porte fièrement la médaille de mon 4ème marathon autour du cou et je pense déjà au prochain! Nous finissions l’après-midi par un Mcdo à la gare de Berlin, le besoin de relâcher la pression et de se faire plaisir à été plus fort que la raison, pour mon plus grand bonheur!

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